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Subliminal

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  • Artiste : Maitre Gims
  • Genre : RnB / Rap
  • Année de sortie : 2013

Après avoir (comme la France entière) bouffé du Maitre Gims à chaque coin de rue, il était temps que je m’intéresse à la carrière de l’ex-membre des Sexion d’Assaut. Découvert avec l’exceptionnel (que dis-je? Le mythique) «Est-ce que tu m’aimes?», j’étais curieux de voir ce que le style du chanteur congolais pouvait donner sur tout un disque. On démarre donc avec «Subliminal» un album qui, malgré toute l’ouverture d’esprit dont j’ai pu faire preuve, s’inscrit comme l’une des choses les plus ignobles qu’il m’ait été donné d’entendre…

Et d’ailleurs, si jamais vous êtes un jour amené à écouter ce disque, je vous suggère de bien profiter de l’intro qui s’avère être le passage le plus intéressant, et ce pour diverses raisons : tout d’abord on savoure quelques minutes d’instru sans entendre Maitre Gims chanter (c’est pas mal), ensuite on aura droit à quelques vocalises d’un chanteur d’opéra ce qui prouve qu’avant l’arrivée du congolais les vrais chanteurs ont réellement existé (ce n’était donc pas une légende), et enfin on profitera de deux minutes sans basses surpuissantes (j’ai mal à la tête…), qui comme souvent par les temps qui courent, servent d’avantage de cache-misère qu’autre chose.

Pour le reste, j’avoue que je reste sans voix face à ce disque, et je me retrouve bien dans l’embarras pour décrire son contenu. Je pourrai prendre comme point de départ cette belle phrase du chanteur «J’écris mes punchlines sur du PQ» («VQ2PQ») qui nous démontre l’incroyable talent de l’homme. Un homme qui n’hésite pas à paraphraser avec tact du Jacques Brel («Je suis l’ombre de ton iench») ou à soulever quelques questions philosophiques tortueuses («C’est triste à dire plus rien ne m’attriste»), voir à nous offrir des envolées lyriques implacables («Les autres sont comprimés dans des pièces de la taille d'un comprimé»). Bref arrêtons là, ce serait dommage de vous spoiler tout le (riche) contenu de cet album.

Heureusement la prod a su se mettre au niveau de son chanteur pour nous offrir des instrus mémorables : «Freedom» et ses trois notes de synthé qui rebouclent pendant près de quatre minutes, «One shot» et sa rythmique binaire insupportable, ou encore «Ça décoiffe» et cette subtile intro qui me rappelle les hommes bombes du jeu Serious Sam ( voir ici). Bref du grand art. Le tout étant parfaitement accompagné par le chant discordant de Maitre Gims qui soulève cette épineuse question : est-ce pire avec le vocodeur («One shot», «Bella»…) ou bien sans («Où est ton arme», «La chute»…) ?

Bon je l’avoue, faire la critique de ce disque s’apparente un peu à tirer sur l’ambulance, néanmoins je reste circonspect quand je vois le nombre de vue que cet homme génère sur youtube (182 millions pour «Sappés comme jamais» !). S’agit-il seulement d’un effet de mode largement relayé par les radios poubelles que sont Skyrock, NRJ ou fun radio ? Espérons-le car si l’avenir de la musique passe par Maitre Gims, alors cet avenir s’annonce bien sombre…

Ajouté le 2 Août 2016 par Bibi