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Sixtape

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  • Artiste : Superbus
  • Genre : Pop / Rock
  • Année de sortie : 2016

Catalogué comme groupe pour adolescentes, Superbus avait semblé marquer le pas avec son dernier opus («Sunset») paru en 2012 et qui, pour la première fois, avait affiché des résultats de ventes décevants. Un semi-échec qui avait poussé la formation de Jennifer Ayache à prendre une pause, chacun des membres s’attelant à divers projets solos. Si les expériences en solo permettent à la plupart des groupes de se forger une nouvelle identité, Superbus nous offre un magnifique bond en arrière avec «Sixtape», revenant à une pop efficace dans ses tubes… mais sans une once de nouveauté ou de quelconque prise de risque…

Car la formule de Superbus (couplet mid-tempo et pseudo intimiste, puis hook sur le refrain avec explosion de guitare/basse/batterie) est plus que jamais d’actualité sur «Sixtape», puisqu’elle sera déclinée sur les douze compositions de l’album. Nous avions déjà pu le constater sur «Strong & beautiful», premier extrait du disque, qui après un couplet simpliste à tous les étages nous offrait un refrain entêtant à souhait, idéal pour s’offrir une large diffusion sur toutes les radios de France et de Navarre…

Vous avez aimé ce morceau? Je l’espère car le reste de l’album est en tout point identique. On pourra çà et là déceler quelques références à des groupes comme Indochine («Soul sister» et son synthé sans imagination), Blondie («On the river» dont les premières notes nous rappellent furieusement celles de «Call me») ou pourquoi pas The Cure («Impensablement» qui joue la carte du mélancolique… sans succès) ; mais dans l’ensemble, aucune mélodie ne retiendra notre attention plus de deux minutes… Remarquez ça tombe bien les morceaux en dure rarement plus de trois…

Seul changement notable, une présence importante d’arrangement issus de l’électro, que ce soit pour maquiller la voix de Jennifer Ayache ou pour nous offrir des ambiances plus "dance hall". Un cocktail idéal pour faire danser les jeunes en concert, preuve qu’on est très loin de l’album de la maturité pour Superbus. Une puérilité que l’on retrouve bien évidemment dans les paroles, qui nous donnent la sensation que la chanteuse a toujours dix-huit ans dans sa tête. Crise d’adolescence à retardement ou choix purement commercial? La question mérite d’être posée.

En fait Superbus me fait penser à un film qui se contenterait d’enchainer des scènes d’actions à gros budget pendant une heure trente. Sympa cinq minutes, lassant au bout de vingt minutes, insupportable au bout de quarante, oublié sitôt sorti de la salle. Près de quinze ans après la parution d’ «Aéromusical», le constat reste le même : à réserver à un public jeune et à celles (et ceux?) qui comme Jennifer Ayache, n’ont toujours pas passé l’adolescence.

Ajouté le 28 Juin 2016 par Bibi