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Shake off the dust...arise

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  • Artiste : Matisyahu
  • Genre : Reggae
  • Année de sortie : 2004

En fouillant dans vos souvenirs, vous vous rappellerez peut-être de cette année 2005 et de cet homme qui avait fait l’un des premiers buzz sur un youtube tout juste naissant. Ce chanteur, affublé comme un rabbin nous offrait d’incroyables prestations scéniques, mélanges de hip-hop et de reggae, et allait nourrir de nombreux mythes sur son identité.

Matisyahu, de son vrai nom Matthew Paul Miller était en réalité un vrai chanteur dont le premier album paru en 2004 outre-Atlantique avait fait l’effet d’une petite bombe sur une scène reggae stagnante. Juif orthodoxe résolu, Matisyahu est un membre assidu de l’Hadar Hatorah (un centre d’étude pour les nouveaux croyants du judaïsme orthodoxe), lorsqu’il enregistre ce premier opus. Mélange de chants religieux, paraboles divines et textes engagés, «Shake off the dust…arise» (titre inspiré par le poème liturgique Lekhah Dodi) apporte un vent de fraîcheur indéniable au reggae contemporain.

Cette fraîcheur, elle est communiquée par les interprétations incroyablement vives du chanteur. Alternant passages chantés de façon classique et flow hip-hop détonnant, Matisyahu nous guide littéralement à travers un disque qui se partage entre religion et révolte, amour et protestation. Epousant à merveille les différentes instrus, l’artiste nous offre des prestations brûlantes sur les survoltés «King without a crown» et «Aish Tamid» et s’offre quelques passages mystiques sur les titres plus dévots que sont «Tzama L'Cha Nafshi (Psalm 63:2-3)» et «Candle».

Fruit du travail de production d’Alon Cohan et Daniel Seliger, ce premier album étonne par la finesse de ses arrangements et de son mixage. Toujours dans le ton, le chanteur est idéalement secondé par des mélodies où : synthés, cuivres, guitare et batterie se mêlent à la perfection. On notera quelques influences folk («Refuge»), swing («Exaltation») et world music («Short ningun») qui permettent à l’auditeur de ne pas se lasser malgré un disque qui s’étale tout de même sur plus d’une heure.

Intense et plaisant, voilà une belle découverte justement saluée par les critiques de l’époque. Et ne vous laissez pas avoir par les commentaires peu à même de personnes considérant qu’un artiste n’a pas à vous parler de religion à longueur d’album, le reggae ayant toujours était vecteur de message religieux, même s’il est vrai que le mouvement rastafari est d’avantage méconnu en occident que la religion juive, pratiquée par de nombreux fidèles. Quoiqu’il en soit voilà un premier opus qui devrait plaire à tous les amateurs de reggae… et à beaucoup d’autres.

Ajouté le 5 Août 2016 par Bibi