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Invaders must die

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Les fans des Prodigy auront dû prendre leur mal en patience après l’échec critique du triste «Always outnumbered, never outgunned». Cinq années avec tout juste une petite compilation («Their Law: The Singles 1990-2005» sorti en 2005) à se mettre sous la dent, c’est long. Aussi le retour de la bande à Howlet annoncé fin 2008 avait redonné du baume au cœur aux afficionados des musiques crasseuses et écorchées de la formation anglaise. Marqué par le succès des groupes français, The Prodigy va largement puiser son inspiration chez le duo Justice pour nous offrir un disque sympathique.

Cette inspiration, on la retrouvera à de multiples reprises, que ce soit sur les morceaux «Omen», «Colours» ou encore «World on fire», avec des passages résonnant comme une sorte de chip music, kitch à souhait et que l’on croirait hérité d’une vieille console nes. Apportant une certaine subtilité au jeu de la formation, ces passages offrent un contraste agréable avec les traditionnelles explosions de basses, cris rageurs et riffs pénétrants.

Ces fameuses sonorités rock qui auront fait les beaux jours de la formation sont donc toujours bien présentes, et se savoureront sans modération sur le sauvage «Piranha» qui devrait ravir les fans de métal, ou encore sur «Run with the wolves» qui sonne comme une ode à la période punk. On saluera également cette belle incursion dans le domaine du reggae avec «Thunder» et son ambiance lourde et sa rythmique martial.

Néanmoins, on ne peut s’empêcher de remarquer un certain manque d’ambition en écoutant les diverses compos de l’album. Et malgré la longue période dont aura bénéficié Howlett pour enregistrer ce disque (près de deux ans), certains titres se répètent joyeusement et se perdent dans des gimmicks électro sans grand intérêt. On pourra notamment citer «Omen reprise», «Take me to the hospital» ou encore «Invaders must die» comme morceaux faiblards dans leur structure.

Mais même en y ajoutant des prestations vocales pas toujours très pertinentes du duo Flint/Reality, l’ensemble se tient relativement bien et devrait ravir les amateurs de musique rave, mâtiné de hard rock. Le funky et plaisant «Stand up» qui vient clôturer ce cinquième album de la formation, laisse augurer du meilleur pour la suite, et nous fait définitivement oublié le précédent opus. Ce qui est une bonne chose, vous en conviendrez.

Ajouté le 4 Août 2016 par Bibi