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Illusions

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Capable de marier sonorités jazz et musique orientale, ayant réussi à rendre un hommage délicieux au jazz newyorkais sur son précédent opus; le franco-libanais Ibrahim Maalouf va pour ce (déjà) cinquième album nous offrir (entre autres) un cocktail détonnant de rock et de jazz, pour un résultat plein de fraicheur et de nervosité. «Illusions», ou la nouvelle démonstration de l’immense talent du trompettiste, qui renouvelle son répertoire avec brio.

Car aussi étonnant que cela puisse paraitre, le premier groupe qui nous viendra à l’esprit en écoutant «Illusions» sera… les Pink Floyd. Guitare délicate qui évolue doucement vers des sonorités tranchantes et électriques, batterie discrète qui bascule sur des percussions lourdes et puissantes, des trompettes qui nous offrent des notes épiques et étourdissantes. Maalouf explore la voie du rock progressif avec virtuosité sur les trois premiers titres de l’album.

Expérimental, ce cinquième opus, va nous faire voyager. Que ce soit à travers les notes sud-américaines du joyeux «Nomade Slang», ou le funky et déluré «If you wanna be a woman» qui s’avère être le parfait croissement entre du Funkadaelic et du Kool and the Gang, avec en prime un finish survolté où les trompettes s’en donnent à cœur joie. Tentant une incursion dans un domaine plus pop avec «Unfaithful», Maalouf ne nous convainc pas totalement pour le coup, même si la plus jeune génération devrait apprécier un titre accessible et bien rythmé.

«Illusions» va par deux fois nous faire toucher les sphères de la jouissance auditive. Tout d’abord avec «Busy» ballade jazz de dix minutes qui sonne comme une excursion rêveuse au clair de lune, la basse et la trompette se mêlant avec virtuosité jusqu’à un finish free-jazz aussi oppressant qu’inattendu. Le second tour de force du disque aura lieu sur «True sorry», qui sonne comme la synthèse parfaite d’une œuvre pas comme les autres, puisque l’on y retrouve pêle-mêle : piano chimérique, guitare enchanteresse, trompettes mélancoliques et vigoureuses... autant d'instruments qui nous offrent une montée en intensité remarquable en tout point. Peut-être la meilleure composition de Maalouf!

Les critiques se suivent et se ressemblent pour le franco-libanais, novateur sur son triptyque en "dia", technicien et talentueux sur son hommage à «Ascenseur pour l’échafaud» avec «Wind», le trompettiste devient maintenant le porte-parole d’une génération pour qui la révolte, l’amour, la musique pop et la danse sont les leitmotivs. Autant d’éléments que l’on retrouve sur ce superbe album.

Ajouté le 1er Août 2016 par Bibi