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I still do

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Il nous avait laissé sur un «Old sock» en demi-teinte, et c’est donc trois années plus tard que le guitariste de génie signe son retour avec «I still do», un album qui, une fois n’est pas coutume, fera la part belle à des reprises. Des réinterprétations de blues (évidemment), mais aussi de folk et de chansons traditionnelles. Produit par le vétéran Glys Johns («Who’s next», «Sticky fingers»…), ce vingt-deuxième album du chanteur s’avère plaisant malgré un manque d’énergie avéré.

Pourtant l’ouverture, une reprise du «Alabama woman blues» de Leroy Carr place l’album sous les meilleurs auspices : intro nerveuse et racée guidée par un duo guitare/clavier, un tour de chant convaincant et un petit solo qui monte agréablement en intensité. Une reprise dans toute sa splendeur, qui rend hommage au Chicago Blues cher à Clapton.

Un registre blues qui sera donc à l’honneur avec du Robert Johnson («Stones in My Passway») pour une jolie tranche de Delta Blues autoritaire, du Skip James pour une réinterprétation plus quelconque de «Cypress grove», ou encore du JJ Cale avec le poussif «Can’t let you do it» et le jouissif «Somebody’s knockin’», dont le groove est mis au service d’un jeu de guitare électrisant et d’un synthé mélodieux à souhait.

Dès lors que le guitariste s’éloigne de son genre de prédilection, l’album perd de sa superbe : le pop «I will be there» en compagnie de l’énigmatique Angelo Mysterioso (sans doute l’alter égo de Dhani Harrison, fils de Georges, ce dernier ayant enregistré quelques sessions sous ce pseudonyme) manque de vie et d’habillage ; la reprise de Bob Dylan (qui, hasard du calendrier, sortait son nouvel album en même temps que celui-ci) ne vaudra que pour son accordéon qui remplace intelligemment l’harmonica du chanteur folk ; enfin les quelques classiques de la chanson américaines repris ici s’avèrent relativement monocordes et mollassons.

A l’image des deux compositions originales présentes sur cet album (le pêchu «Spiral», le soporifique «Catch the blues») «I still do» reste un bon album dès lors qu’il reste dans un registre blues. Clapton ayant bien du mal à insuffler de la vie aux quelques ballades pop/folk qui parsèment le disque, on sera rapidement tenté de zapper ces dernières pour se concentrer sur ce que le guitariste fait de mieux. Les fans devraient quoi qu’il en soit apprécier.

Ajouté le 23 Mai 2016 par Bibi